POEME / DIVINE MARINE

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DIVINE MARINE

Chérie, tu es comme une cathédrale, tu sembles pousser jusqu’au ciel, l’élancement de ta beauté est sans fin, ce n’est pas le soleil qui y culmine, mais ton âme. Mon regard escalade ton corps comme le fier ouvrier du moyen-âge sur son édifice, des pieds à la tête, le plaisir me montant au nez je sens que s’arc-boutant contre moi tu t’étires puis te retires, me laissant bouillonnant d’euphorie. Voici ton portrait qui sied bien à ta majesté:

Tu as les yeux en amande étirés par le rire, c’est une barque solennel où j’aime plonger mon regard et bercer mon voyage du plus tendre appétit. Des yeux qui même apprêté par le sommeil semblent encore décocher une droite dans la mâchoire du rire, sans discontinuer le gosier s’égosille à en foutre plein la voix. Ton nez est un bosquet adroitement taillé, avec l’élégance des sculptures grecques, un parfait cuivre chantant où en sort par les narines le souffle le plus ardent. Ta bouche est un fruit gorgé de soleil, à l’intérieur tes pépins sont d’une blancheur aveuglante, je n’en suis pas moins guidé par ta langue lors de nos furieux baisers, tâtonnant dans la charnelle obscurité de ton Palais tropicale, vaste champ vermeil.

Tes joues sont un doux vallon, un peu rosé, comme les chérubins des fresques italiennes, et, s’y approchant, c’est être voisin de l’innocence, c’est un territoire qu’il faut doucement fouler au risque de faire fuir la grâce. Plus haut, tes sourcils ont une discrétion oniriques, ils sont comme un rêve, flottant sur le visage tel un voile de parfum échappé de la fleur la plus rare, et dorés par le plus habile des Dieux, le soleil lui-même se pare de ces rayons chaque matin pour continuer de briller sur le monde.

Plus haut se dévoile un feuillage cuivré, parfois châtain clair, puis noir ébène, ta chevelure fait découvrir l’espace poli de ton front, ta coupe est le miroir de Twiggy, ta franche frange donne l’ombre apaisé sous ton délicieux parvis lunaire, Oh Marine, pose ta tête contre la taie de mon lit, allonge les flancs de tes murs gothiques, regarde mes mains d’artisan travailler ta chair par la ciselure de mes caresses. J’exalte en plongeant les racines de mes doigts dans le sinueux dessin de tes hanches.

Que dire sur ta voix, elle est bordée par la mer de par sa douceur azurée, les oursins en perdent leurs épines, la vibration de tes abysses réveillent au sein du monde maritime le chant des Dieux, t’érigeant hors des eaux pailletés de soleil, te donnant l’air frondeuse, galopant du regard l’horizon terrible, ta puissante gaieté fait chavirer toute l’encre de l’orage naissant ! C’est l’éclatement soudain, l’élévation fait bonne figure et se hisse sur tes épaules, l’onctueuse meringue des nuages fondent sur ton dos comme une cape, et tu t’envoles dans l’épais brouillard d’étoiles lorsque la nuit, enfin, baisse son rideau.

Ton caractère a l’intransigeance des colonnes les plus franches de l’Art Roman, tu portes haute ton église, sans jamais dépareiller un seul rayon de tes vitraux, ton souffle atteint l’appétit le plus sauvage quand viens poindre le relâchement de tes sens. C’est l’affront de la gourmandise qui te tiens, elle te prends par le collet et te retourne l’estomac comme une poche, le feu de tes mandibules font un concert endiablé. Les mets, hélas, finissent en charpie ! C’est par cet appétit de vivre qu’en ton âme tu réussis de braver les turpitudes du monde contemporain, clopin-clopant la morosité s’en va, la fumée âcre repart habiter les égouts. Que ta victoire soit totale, éclipse l’obscurité même !

Oh, Marine, Tu es ma femme ! Ma couronne d’extase ! Mon essence métaphysique! Mon arbre à souhait ! Mon totem érotique ! Ma barbaque fougueuse ! Ma carcasse sanguinolente en putréfaction jouissive ! Mon élan d’ivresse ! Ma tour d’élégance ! Mon bouclier d’âme ! Ma canne d’espérance ! Ma liturgie sacrée ! Ma prière éternelle ! Ma dentelle royale ! Tu es la bravoure de l’intelligence ! Le fiacre intime où je te harponne de mon Amour ! Sirène féroce et tactile, créature ravie de ses caresses !

Tu es le torrent de mes veines ! Mon Everest divin ! Quel sommet, c’est le pic du Téton ! La stratosphère a fondue, ta Beauté irradie au-dessus du globe terrestre ! Oh merveille, vin prodigieux, ma douce alcôve où je te pare de mes mille baisers, Oh Marine !

Tu es mon destin, le piédestal vers le bonheur, Oh Marine,
Je t’aime.

AnthonyPERROT©

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